Les implants d’or : mythe ou réalité thérapeutique d’avenir ?

Posted on Posted in Blog

Les implants d’or : mythe ou réalité thérapeutique d’avenir ?

La technique dite des implants d’or consiste à implanter un implant de fil d’or 24 carats (1mmx1mm) sur des points d’acupuncture précis, (choisis en fonction de la pathologie), en essayant d’aller au plus près de l’articulation ou de l’os en dysfonction.

Cette technique , vieille de plusieurs siècles en Chine, où les vétérinaires chinois implantaient des petites billes d’or sur les points pour avoir un effet « Acu permanent » a été reprise récemment par deux vétérinaires d’exception : le Dr Dominique Giniaux, pionnier en France, qui la pratiquait sur les chevaux dans les années 90 notamment sur des problèmes fonctionnels tels que les kystes ovariens des juments pisseuses) et plus récemment, en Espagne, le Dr Fransesc Minguell , qui a commencé dans les années 2000, et qui a maintenant plusieurs centaines de chiens traités à son actif. Il est LA personne la plus compétente au monde dans ce domaine.                 Nous avons eu la chance d’être formés par ces deux maitres et nous pratiquons cette méthode sur les chiens depuis 5 ans maintenant.

Le principe est assez simple : l’or aurait, localement, un effet très stimulant des fonctions de défense (immuno régulation) et de cicatrisation harmonieuse des tissus de soutien : conjonctif des os et des articulations. Cet effet est local (autour du point d’implantation) mais également loco régional voire général par stimulation de la circulation du Qi (l’énergie en Médecine Traditionnelle Chinoise) le long des méridiens. En fait exactement comme une aiguille d’acupuncture qui serait laissée à vie.

Les résultats cliniques donnent tout à fait raison à cette hypothèse car l’effet des implants d’or est parfois immédiat (exactement comme une séance d’acu), parfois retardé (une semaine en moyenne) mais toujours présent ; nous n’avons observé que deux échecs sur plus d’une centaine de chiens traités.

En 40 ans d’exercice, nous avons essayé de très nombreuses thérapies alternatives : nous n’avons jamais rencontré de tels résultats avec aucune autre méthode.

Les indications sont surtout, pour le moment, les atteintes du système locomoteur, mais nous sommes en cours d’essai sur d’autre dysfonctions telles que l’incontinence urinaire les troubles neurologiques d’origine traumatique ou les pathologies inflammatoires localisées sans solution thérapeutique satisfaisante (ex : les gingivo stomatites auto immunes du chat). Les implants permettent un sevrage complet en anti-inflammatoires sur le long terme.

Dans les pathologies musculo squelettiques, les cinq grandes indications classiques sont :

  1. Les jeunes animaux atteints de dysplasie des hanches ou des coudes ou à défauts d’aplombs caractéristiques des grandes On peut faire les implants dès 6 mois lorsque des signes d’arthrose sont déjà visibles à la radiographie, et si l’on a testé déjà avec succès l’acupuncture classique.
  2. Les animaux séniors souffrant d’ostéo arthrite localisée (hanches, coudes) ou généralisée (avec becs de perroquets et réaction ostéophytiques multiples).
  3. En post traumatique ou post chirurgical sur des traumatismes osseux, articulaires ou tendineux avec des séquelles sérieuses de chirurgie orthopédique.
  4. Syndrome queue de cheval ou hémi vertèbres chez les bouledogues.
  5. Instabilités lombo-sacrées

2 implants d’or en zone lombo-sacrée

L’implantation se pratique sous sédation profonde pour deux raisons :

  • L’implantation de l’aiguille trocart de 11/10° peut être douloureuse sur certains points
  • L’animal ne doit pas bouger car le point d’implantation est très précis.

Figure 1: zones d’implantation d’or autour de l’articulation de la hanche dans un cas de dysplasie chez un Labrador de 7 ans

L’intervention dure en moyenne 30 à 45 minutes et si elle est pratiquée à 8 h du matin, l’animal repart de la clinique à midi tout à fait tranquille.

Il n’y aucun soin ni aucune suite post opératoire, aucun point à enlever, aucun pansement, et l’animal vit tout à fait normalement dès le soir de l’intervention.                                                                                La seule trace de son passage par la table d’opération est constituée par les petites fenêtres de poils de 2 cm2 à chaque point d’implantation. En 3 à 4 semaines on ne voit plus rien.

Les effets sont constants et reproductibles :

  • Un effet stimulant de toutes les fonctions dès le lendemain ; l’animal est plus gai, plus mobile, plus alerte
  • Un effet locomoteur un peu plus lent à apparaitre ; amélioration de la douleur et disparition des boiteries en quelques jours voire quelques semaines
  • Un effet à long terme sur l’arthrose : arrêt de l’évolution péjorative de cette maladie dégénérative. Les animaux « rajeunissent » au dire des propriétaires. (Il est évident, comme pour les humains, que si la douleur disparait le moral revient !)
  • Un effet de 10 ans minimum sur la longévité et la qualité du vieillissement. « Vieillir d’accord, mais en bonne santé si possible » comme disait le Dr Giniaux.

Par contre il n’y a aucune évolution de signes radiologiques : si le chien a une dysplasie classée E, il restera classé E radiologiquement même des années après.

S’il a une déformation de la tête fémorale due à une arthrose ancienne, la tête fémorale, 5 ans après, sera toujours aussi déformée.                                                                                                   Seuls les effets locomoteurs handicapants auront disparu.

Exceptionnellement, nous avons été obligés d’intervenir sur deux hanches implantées quelques années plus tard, pour luxation traumatique de la hanche (accident de voiture). Nous avons été sidérés de la modification des capsules articulaires qui étaient devenues beaucoup plus épaisses et fibreuses et donc beaucoup plus solides et difficiles à ouvrir que d’habitude.

Les implants renforcent donc toutes les structures péri et intra articulaires : ligaments, tendons, capsules, cartilages, ménisques, mais ne modifient pas la conformation de l’os.

Aucun rejet n’a jamais été observé. Un suivi est réalisé un mois puis 3 mois après la pose des implants.

En conclusion : 5 ans après nos débuts nous sommes toujours aussi étonnés des résultats obtenus. Seulement deux échecs sur une centaine de cas.                                                                                     Même statistique chez le Dr Minguell qui a plusieurs centaines de cas au compteur.

Cette méthode est une alternative très intéressante aux prothèses et autres chirurgies lourdes en cas de dysplasie des hanches ou des coudes et une solution très élégante et non toxique à l’arthrose invalidante des séniors.

Le coût moyen, anesthésie et pose d’implants, est de 500 euros ; donc le quart du prix d’une prothèse et sans aucune suite douloureuse.

De plus, on traite toutes les articulations en une seule intervention.

Quel dommage qu’une telle technique, rapide, élégante, sans danger et économique, ne soit pas plus développée en médecine vétérinaire et pas du tout développée en médecine humaine. Cette vieille médecine chinoise laisse donc entrevoir beaucoup d’espoirs pour l’avenir, après sa remise au goût du jour !